Comment mes chiens m’aident dans mon deuil

La vie est difficile. Pas un jour ne passe sans que je pense à ma fille. 4 mois après sa perte, je pleure encore régulièrement et mon sourire n’est plus le même, je ne suis plus la même personne. Pourtant, malgré toute la douleur, je réussis à me lever tous les matins, à me rendre au travail et compléter mes journées dans un semblant de vie normal. Anodin non ? Qui ne fait pas ça ? Eh bien moi il y a quelques mois. Me lever, manger, parler était impensable, irréalisable. Oui, j’ai été me chercher de l’aide professionnelle, mais j’ai aussi eu une aide constante avec moi à la maison. Une aide qui passait inaperçue, mais qui était toujours présente dans le décor quotidien, mes chiennes.

Ce sont souvent les petites choses de la vie qui font une différence. Elles en sont la preuve. Leur instinct d’animal répond tellement mieux à mes besoins que les paroles mal placées que j’ai pu recevoir ou les regards en coin de ceux qui n’osent pas m’aborder ou aborder le sujet délicat. Les humains pensent trop et les chiens agissent. Sans trop savoir comment, je savais que mes chiens m’aideraient à accepter de vivre avec cette douleur quotidienne. Je me suis donc questionné à savoir comment elles ont pu contribuer à me remettre sur pieds.

Leurs présences

Aussi simple que ça, leur présence me fait du bien. Elles ne remplaceront jamais ma fille, mais elles ont su être là. Des crises de larmes, j’en ai eu, j’en ai encore et j’en aurai. Mais dans les moments où la douleur était tel que j’avais l’impression qu’on m’arrachait le coeur de la poitrine et que mes jambes me lâchaient, j’avais toujours un petit museau froid qui venait me relever le bras et qui se blottissait contre moi, m’apportant un peu de chaleur, un peu de lumière dans mes ténèbres.

Des journées à être seule à la maison avec ma peine et mon ventre vide, j’en ai eu à revendre. Être seule avec ses pensées et sa tristesse, c’est difficile. Une larme en amène une autre et en peu de temps, la noirceur engloutissait tout mon être. Alors mes deux boules d’amour ont su me sortir sporadiquement de mes phases sombres, juste en étant là, en me rappelant leur présence, me ramenant à l’instant présent. Un regard compatissant, une approche douce, un peu de chaleur et d’attention, un câlin. En plus de leurs présences, elles sont 100% confidentielles 😉. Elles m’ont entendu crier, pleurer, chialer, m’effondrer et peu importe à quel point je me sentais comme une moins que rien, elles étaient là pour moi.

Les sorties

Les premières semaines après mon accouchement, je n’avais aucune envie de sortir. Le plus loin que j’allais était mon patio. J’enchaînais livre après livre pour essayer de comprendre ma situation (s’il y a une mam’ange qui lit ceci, je recommande fortement le livre « les rêves envolés« ). J’allais marcher tous les jours avant la tragédie et avant ma grossesse je courais et faisais diverses activités, mais là plus rien ne m’intéressait. J’ai passé plusieurs semaines à ne même pas demander un seul truc à mes chiens… Puis j’ai bien dû constater que leurs niveaux d’énergies étaient beaucoup plus élevés que le mien… J’ai donc recommencé à marcher avec elles. J’ai pleuré en marchant dans les sentiers comme ce n’est pas imaginable ! Quand on vit un deuil, ce sont plein de petites choses qui nous rappellent notre perte. J’ai marché tellement de fois ces sentiers enceinte, annonçant ma grossesse, rêvant de notre futur, m’imaginant revenir avec une poussette. Alors j’ai pleuré en marchant pendant des jours et probablement des semaines. Puis les larmes se sont estompées. La marche est redevenue une routine et la joie de mes chiennes une satisfaction, un petit baume sur mon malheur. (Évidemment, l’endorphine et la vitamine D ont aussi contribué à me faire apprécier la marche quotidienne, qui se transforme de plus en plus en jogging.)

Les amis

Les maitres des amis de mes chiens sont mes amis. Alors mes chiens m’ont aidé à retrouver un semblant de vie sociale. Je l’ai déjà dit, avoir un chien nous permet de rencontrer des personnes extraordinaires. J’avais besoin de ma bulle dans les premières semaines. Mais j’ai des amis qui ont su être là, qui ont fait jouer leurs chiens avec les miennes, me permettant ainsi de m’exprimer si j’en ressentais le besoin et de dépenser l’énergie de mes chiens. Je sais bien qu’il n’y a rien de plaisant à m’entendre parler de ce qui m’est arrivé, mais ça fait tellement de bien d’en parler et d’être écouté. Ça prouve que l’amitié a une valeur inestimable. En bonus, j’avais plein d’amour d’autres chiens que les miennes lors de ces visites.

Finalement, je peux simplement dire que Dzy et Sage m’aident quotidiennement. Que le temps soit gris dehors ou dans ma tête, elles sont les rayons de soleil qui illuminent mes journées. J’ai désormais trois anges et deux chiennes en or pour m’aider à surmonter les obstacles de la vie.
Et vous, comment vos chiens vous aident à passer au travers des épreuves de la vie ?

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